Villes d’eaux

Indémodables cures thermales

Avec près de 108 stations thermales, la France est une des toutes premières nations du thermalisme, et ce depuis des décennies ! Si nombre de ces établissements sont implantés à proximité d’anciens thermes romains, c’est autour de 1850 que la mode des cures thermales a vraiment pris son envol, participant de l’aménagement du territoire et attirant des touristes dans des régions jusque-là peu visitées. Ces villes d’eaux rivalisent depuis lors de talent publicitaire, car à l’époque où l’on ne disposait pas de télévision et fort peu de radio, c’est grâce à l’affichage qu’elles pouvaient se distinguer de leurs voisines : les municipalités font d’ailleurs appel à de grands dessinateurs, comme vous pouvez le voir dans notre vente de cette semaine avec un magnifique exemplaire de Savignac pour la ville bourguignonne de Bourbon Lancy. 

La passion pour le thermalisme est une tradition française : dès 1605, Henri IV crée la Surintendance générale des bains et Fontaines du royaume, et en 1728 Louis XV institue la Commission pour l’examen des remèdes secrets et des eaux minérales. La découverte des vertus thérapeutiques de l’eau est souvent empirique : le plus souvent, elle est due à l’observation des paysans qui y baignent leurs animaux malades. Mais les villes d’eaux deviennent le dernier salon où l’on cause : Talleyrand fait trente et une cures, Madame de Sévigné en est folle, Fénelon y médite et Rabelais cite les thermes de Néris-les-Bains dans Pantagruel. 

Mais c’est sous l’empire que le thermalisme se rationnalise : des établissements prestigieux et richement décorés voient le jour, comme à Aix les Bains ou Luchon, l’Etat achète et gère certains établissements comme Vichy ou Plombières. Cette vogue a aussi un impact sur l’architecture : les stations se dotent d’un parc paysager pour distraire le curiste, à Vichy c’est un circuit de promenades couvertes qui est mis en place pour conduite le curiste d’une source à l’autre. Les hôtels se font plus luxueux et les étrangers se font construire à la périphérie de superbes villas. Enfin, lorsque le patient a bu trois litres d’eau tiède, il faut bien le distraire un peu : Napoléon Ier autorise ainsi les jeux de hasard durant la saison thermale. Enghien les Bains ou Evian peuvent s’enorgueillir de leur salle de bal, de leur casino et de leur théâtre. 

La fréquentation change radicalement avec la Seconde Guerre mondiale : un thermalisme social émerge, financé par la Sécurité Sociale, moins riche et plus médical, et les clients vieillissent. La société mondaine déserte les villes d’eaux pour se tourner vers les stations balnéaires. Le thermalisme entre en crise dans les années 90, mais connait récemment un renouveau fondé sur la balnéothérapie et une prise en charge globale du corps. Ringardes, les villes d’eaux ? Jamais !

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